Enseignement artistique et pédagogique de l'atelier

Démarche pédagogique de l’atelier

La démarche pédagogique de l'atelier s’inspire, dans l’essence même de son fonctionnement, du processus cosmologique de la création et de sa présence en nous

le minéral, le végétal et l'animal sont biologiquement intégrés à notre nature humaine, et se transcendent en symboles dans l'expression de notre créativité.

Le processus créatif œuvre donc naturellement en nous à travers la présence du minéral, végétal et animal. Ces derniers nous insufflent l’énergie créatrice de vie, en perpétuelle évolution, et continuent d’œuvrer en nous et autour de nous pour que nous puissions nous accomplir dans les meilleures conditions possibles.
Lorsque les conditions favorables à notre accomplissement sont endiguées par une résistance à cette énergie créatrice, il y a déséquilibre. Ce déséquilibre est ainsi lié à la qualité du rapport établi avec les règnes précédents (notamment l’animal) et à la vaine résistance à leur indiscutable présence.
La qualité du rapport établi à la création en général, détermine celui que la personne établi avec elle-même et que lui révèle sa peinture. Toute résistance au mouvement naturel de croissance engendre un déséquilibre.
Il importe ici de comprendre qu’il n’y a aucun effort à fournir, que la personne doit simplement accueillir l’énergie de la création, la créativité, et la laisser agir et circuler en elle.
Tout effort de contrôle du flux naturel de la création, crée un noeud qui se manifeste dans le corps physique et émotionnel et dans le l’esprit, sous forme de ce que l’on appelle communément la maladie.
Accueillir l’énergie créatrice de vie, de façon naturelle, ouvre au pouvoir infini de ses potentialités créatrices et donne la force à la personne d’accueillir son histoire personnelle et son interrogation existentielle dans un même lieu : L’espace pictural.

Voyage au coeur de la création
Le voyage au cœur du processus de la création qui se déroule dans notre propre espace pictural d’expression, renvoie mystérieusement à celui de la création cosmogonique, et s’inscrit dans quatre étapes successives connues : Minérale, végétale, animale et humaine. Ensuite, c’est la porte du grand mystère de la création, que l’imaginaire voit en transcendance, et l’appelle parfois "divin".
Ainsi, l’espace pictural d’expression porte les traces du processus créatif qui agit en nous. Le minéral, le végétal et l’animal sont inscrits dans nos atomes et cellules, et se développe techniquement en suivant ce processus. Les scientifiques, philosophes, artistes d’investigation et chercheurs de tout bord, tendent à le confirmer.
L’espace intime de création dans laquelle la personne s’exprime par des couleurs et des symboles, renvoie souvent à son univers intérieur et porte les vibrations du mystère de la création, vaste et infinie, où il n’est pas aisé de voyager sans risquer de se perdre.
Ce processus de la création est mu par ce que j’appelle le souffle du chaos. Il nous anime de vie et nous pousse de l’avant, canalisé à travers la créativité et notre respiration. Notre mission existentielle ne consiste-t-elle pas à y être simplement présent par le biais de la conscience ?
Les étapes clés du processus créatif
  • ① Étape du minéral :
  • Catharsis, lâcher prise, engagement…
  • ② Étape du végétal :
  • Ancrage, vitalité, ressourcement…
  • ③ Étape de l’animal :
  • Instinct de survie, exploration, expérience…
  • ④ Étape de l’humain :
  • Conscience, organisation, responsabilité…
  • ⑤ Étape de l’éveil :
  • Pleine présence, libération, célébration…

  • L'éveil à ses potentialités créatrices
  • implique une authentique présence au triple vortex de la création dans sa manifestation temporelle : son-mouvement-lumière (amour-liberté-créativité, peur-insécurité-exploitation, émotionnel-charnel-mental, proie-bourreau-sauveur...)
  • Ce triangle d'approche de l'expression créatrice
  • palpite au rythme binaire et aléatoire de son centre, comme les pulsations cardiaques (vie-mort, lumière-ombre, beauté-laideur, joie-peine...)

    En peinture, le processus créatif qui se déroule dans son propre espace d’expression, renvoie mystérieusement à celui de toute la création.
    L’espace intime de création dans lequel la personne s’exprime par des couleurs et des symboles, représente son univers intérieur, sa demeure intérieure, sécurisante, "le chez soi" intime. Il renvoie à celui du cosmos, vaste et infini, où il n’est pas aisé de voyager sans risquer de se perdre.
    Dans l’univers intime de l’expression picturale, les émotions se brassent au fil de l’ouvrage et le mental vagabonde. L'histoire personnelle se déroule, se fait, se refait et se défait. Les formes et les couleurs opèrent un tri sélectif et traduisent de façon inconsciente ce qui se joue et que les mots embrouillées n’arrivent pas à exprimer. Il est difficile de tricher dans une peinture cathartique…
    Dans tout ce mouvement d’apparence chaotique de l’expression picturale, le mandala apparait comme une structure-repère stable et sécurisante, à même de mettre de l’ordre et de canaliser l’énergie créatrice. Cet ordre se met en place grâce à sa structure graphique, composée comme cela a déjà été rappelé, d’un cercle et d’un carré. Cette structure forme un alliage qui génère une sensation d’équilibre.
    Et lorsque l’expression picturale s’inscrit dans les étapes du processus créatif, alors il y a une démarche constructive qui se met en place, et dont l’accueil concourt à apaiser momentanément la souffrance psychique ou à lui donner un sens universel qui la rend plus acceptable.

    L’art est l’expression désintéressée de la beauté que la création accorde à l’être humain en tant que force extraordinaire d’appréciation de sa subtile transcendance. L’histoire de l’art le confirme.
    L’art est libre de toute définition puisqu’il reflète la puissance infinie du mystère de la création et de sa beauté, dans lequel baigne l’Humanité depuis son origine. Apprendre à voir et à comprendre l’art en général, et la peinture en particulier, sur tous les plans qui alimentent sa force, permet de s’ouvrir à sa verticalité, c'est-à-dire son mystère.
    1. L'ART

    L’art est de toute évidence le fruit de l’expression créatrice de la nature humaine Des artistes audacieux se sont exposés en tant que tel, nous invitant par leurs performances à percevoir tout simplement notre réalité physique et spirituelle comme une œuvre d’art à peaufiner en permanence…
    L’art nous invite à être vu en tant que miroir de beauté qui résulte de l’expression humaine, dans toute la puissance de sa singularité où le reflet de la psyché se mire à l’infini.
    Dans une œuvre, telle que la Joconde, le sourire à peine esquissé de Mona Lisa, a fait couler beaucoup d’encre, et Freud y voyait le rapport de l’artiste à sa mère.
    Il est donc essentiel de comprendre les mécanismes de sublimation qui se jouent dans toute création, qu’elle soit réalisée par un artiste confirmé ou débutant.
    S’initier à de multiples techniques d’arts plastiques en général, et de peinture en particulier, n’est pas fondamental pour réaliser une œuvre d’art, mais l’initiation permet d’élargir le champ d’expérimentation de son expression picturale et l’exploration de son univers intérieur.
    Progresser dans la maitrise technique, apporte de l’assurance à la personne qui crée, et l’invite à aller toujours plus loin en matière de subtilité d’expression. Cela permet de développer son propre regard esthétique et ainsi, d’aller chercher sa beauté intérieure.
    2. LA THÉRAPIE

    La thérapie consiste à offrir un recul à l’être psychologique en constante difficulté d'expression de beauté. La beauté le met en difficulté. Seul le recul offre la distance nécessaire pour lui permettre d'apprécier la beauté comme remède à tous nos maux. La vision de beauté guérit.
    L'être psychologique fait de la beauté un problème. Comment mettre sens et compréhension à la beauté devenue un problème qui n'en est plus vraiment un lorsque nous sommes en état de créativité ? L’art se pose comme un miroir permettant de voir autrement la beauté et la laideur, et de prendre conscience de sa puissance créatrice.
    Il importe de créer du sens dans sa vie pour entrer en conscience dans le processus créatif et s’éveiller authentiquement à sa réalité.
    La créativité est le pouvoir clé de la liberté. Elle permet d’apaiser la peur existentielle. C’est cette peur qui fragilise l’être psychologique et sur laquelle s’appuient tous les systèmes de croyance, qu’ils soient d’ordre religieux, culturel ou politique. Ils sont tous fondés sur la tentative d’appropriation de la liberté. La liberté apporte une joie authentique qui se vit dans l’acte créatif, et procure un immense bonheur, celui de renouer avec son enfant intérieur.
    Ainsi, la guérison naît de la libération de sa créativité. Et lorsque l’énergie de la création circule librement, la personne retrouve le désir de la vie et la joie d’être vivant. Elle est connectée à son enfant intérieur et la guérison se manifeste concrètement, par le seul plaisir de peindre et de voir de la beauté dans son tableau, sans nulle comparaison possible.
    Certes, la guérison définitive n’est jamais acquise et reste subordonnée à un repère de la maladie reconnu par la personne en tant que tel. Dans tous les cas, le bien être, lié ou pas à la guérison, s’entretient sans relâche jusqu’à son dernier souffle. Il suffit d’entretenir la circulation de sa propre énergie créatrice par une activité de centrage, et d’accueillir le fait d’être tributaire des forces fluctuantes de son environnement. Les transcender, implique de maintenir en état de veille l’artiste en soi.
    3. L' ÉVEIL

    L'éveil est l'expression naturelle de l'être humain qui accueille en conscience son pouvoir créateur.
    La vision de beauté permet à la personne de s’éveiller de façon confiante à la joie et au plaisir d’être vivant, se laissant simplement traverser par les fluctuations des saisons intérieures, sans s'identifier aux émotions qu'elles suscitent.
    La vision de beauté dans sa propre création, porte le germe d’un éveil potentiel, appelé plus communément guérison.
    L'éveil se met ainsi en place lorsque la personne développe une authentique vision de beauté de sa production artistique, osant humblement la hisser à ses propres yeux, au rang d’une œuvre.
    Durant l’acte créatif, il y a souvent un plaisir d’enfance qui remonte à la surface et génère la joie d’être vivant et de créer en toute liberté, sans attente particulière. Même si le mental carbure à ce moment-là et les émotions battent le tambour. La joie domine. C’est elle qu’il faut valoriser. Cette joie retrouvée porte à elle seule un pouvoir extraordinaire d’apaisement de la souffrance.
    L’éveil vise l’accueil de l’être essentiel qui anime notre intériorité profonde. L'être essentiel est fondamentalement créateur puisque connecté à la source de vie et son mystère. Cet être essentiel est en fait l’être créateur à l’état brut, vulnérable comme un nouveau-né, et porteur d’une transcendance à laquelle de rares initiés ont accès, qui nous insuffle à dose homéopathique un peu de sa force.
    Pour le moment, incarner pleinement notre humanité répond à la force créatrice de vie qui agit en nous. Libre à nous de l’écouter ou pas. Elle nous pousse vers la libération de notre animal, lui-même déjà libéré du végétal, libéré à son tour du minéral.
    L’animal agit en nous par le biais de l’être psychologique, construit par une éducation fondée sur la peur profonde de la mort, et partant, de la vie. Cette peur génère une dualité face à la pulsion de vie que l’amour alimente, nous invitant à nous libérer de l’aliénation de notre héritage.
    La pulsion de vie est une force créatrice qui nous invite à aller à la rencontre de notre beauté.
    C'est dans cette rencontre que l'éveil se produit.
    Écouter la force créatrice de la vie implique de renouer avec son enfant intérieur, fondamentalement créateur, et de trouver la paix avec l'adulte, en prise constante avec l'entité psychologique.
    Notre enfant intérieur invite constamment l'adulte à se poser. À se libérer du poids de l’égo, et bien entendu à dédramatiser nos épreuves en les hissant au rang de l'expérience de vie. Tout simplement. À élargir notre champ de perception par la pleine présence à la joie d'être vivant, et de le percevoir pleinement, ici et maintenant, dans l'instant présent. La créativité pratiquée en conscience nous permet précisément de revenir au présent. Il suffit d'écouter notre enfant intérieur en lui accordant un temps de récréation...
    L’éveil consiste à célébrer la vie dans la joie d’être vivant. Cette seule conscience apaise le stress et les angoisses existentielles. La vie n’est-elle pas tout simplement là où l’on se trouve à cet instant précis ? Si oui, qu’est-ce-que je fais de ma vie ?

    L’artiste en nous, nous invite à faire de notre vie une œuvre d’art unique et magnifique.
    Reconnaître et voir la beauté même dans la laideur, est signe de guérison et d'éveil. La seule vision de beauté, comme je le répète, libère l’être psychologique de ses peurs, et renforce l’estime de soi. Parce que créer de la beauté, c’est être un peu comme un dieu, c’est croire en son pouvoir créateur, c’est croire en toute humilité en son talent. C'est croire que tout est possible.
    Le miracle est là...

    Se mettre en situation de création face à un support vierge, c’est se mettre en quelque sorte face à un miroir en attente de refléter son expression intérieure. C’est aller à la rencontre de son être essentiel, appelé ici l’être créateur ou l'entitié créatrice. C’est un acte courageux, car la personne se met en état de vulnérabilité, ne sachant à l’avance ce que le miroir va révéler. Il y a un risque, chaque fois renouvelé.
    L’accueil de cette vulnérabilité n’est pas facile pour le débutant qui argue souvent : "je ne sais pas dessiner ou peindre" .Une humilité s’impose pour aller de l’avant et laisser son être créateur prendre le contrôle. L’aspect thérapeutique de l’acte créateur, commence là…
    Élargir de façon responsable le champ d’expression de sa créativité, est un travail quotidien qui concourt à notre épanouissement, et partant, à celui de l’Humanité.
    S’exprimer librement par les formes et les couleurs est réparateur. En ce sens où la peinture, par exemple, permet de projeter, de revisiter et de relativiser sa problématique, offrant du même coup un recul pour prendre le temps de voir et de conscientiser ce qui se joue en soi sur le plan émotionnel.
    L’expression picturale est un terrain de sublimation où l’enjeu qui se pose se réduit à des formes et des couleurs, et invite à relativiser ses problèmes.
    Peindre en toute liberté est une thérapie naturelle. Cela n’implique en vérité aucun effort surnaturel. Tout effort excessif tend à conceptualiser sa création et à l’inscrire dans une démarche de mentalisation et non de progression dans le processus de création où la personne ne sait jamais à l’avance ce qui va se refléter dans le miroir.
    Peindre en toute liberté ouvre l’esprit à une autre dimension, un autre langage, celui du "cœur" et du plaisir de s’exprimer naturellement comme le fait un enfant. Cela permet certainement de renouer avec son enfant intérieur et de s’accorder un temps de répit bien à soi pour lâcher prise avec la cravate qui enserre à la gorge. Et de pouvoir le faire dans la joie d’être vivant et de cohabiter en paix avec son enfant intérieur, à qui un temps de récréation fait beaucoup de bien.
    Le déblocage du processus créatif réside dans la reconnaissance et l'accueil du souffle chaotique originel
    qui agit en nous et autour de nous en permanence.